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Faut-il boycotter le Grand Prix d’Arabie Saoudite ?

Dans quinze jours, la Formule 1 disputera son premier Grand Prix d’Arabie Saoudite. Comme ce dimanche au Qatar, la F1 découvrira un nouveau pays et un nouveau circuit. Djeddah est un circuit urbain de 6 km 174, avec 27 virages.

Depuis quelques jours, nous entendons dire que la F1 est hypocrite d’aller en Arabie Saoudite avec son programme We Race As One. Ce programme défend la diversité (ethnique, sexuelle, etc.). Déjà, la Grand Prix du Qatar avait fait grincer des dents, mais les autorités de ce pays avaient accepté les critiques et Lewis Hamilton arboré un casque aux couleurs LGBTQ+.

Si le Qatar est une monarchie absolue comme l’Arabie Saoudite, les droits des femmes y sont bien meilleurs. Le Qatar épinglé pour son esclavage sur le chantier de la coupe de monde Football 2022 avait dû prendre en urgence des mesures pour garantir un minimum de droit à ses travailleurs.

Mais alors pour l’Arabie Saoudite déclenche t-elle plus de fureur que le Qatar, la Chine, la Russie ou la Turquie pourtant pas réputées pour être de grande démocratie ?

Une monarchie absolue

Le pays est dirigé depuis les années par la Tribu des Saoud qui a pris le pouvoir par les armes en 1932 (donnant le nom Saoudite après Arabie). Les Saoud sont musulmans sunnites wahhabite qui prône une stricte application de la charia, la loi islamique. Le pays est ainsi dirigé par une seule Tribu et par la simple loi islamique très rigoriste. Les femmes n’ayant aucun droit si elles ne sont pas accompagnées d’un homme.

Le régime est également dictatorial, c’est une monarchie absolue. Le Parlement, de 150 membres, est nommé par le Roi. Sans parler de l’élimination par le meurtre du dissident Jamal Khashoggi qui a provoqué un tollé mondial. Le pays n’a pas non plus hésité à financer pendant des années des groupes terroristes dans le monde entier. Il est aussi impliqué dans la guerre au Yémen depuis des années.

Avec cette description, l’Arabie Saoudite ne rentre donc pas dans le We Race As One de la FOM et de la FIA.

Mais depuis le début des années 2000, sous la pression internationale, mais également de sa population (manifestations lors du printemps arabes de 2011), Roi a timidement libéraliser le pays. Première élection dans le pays en 2005 les municipales. Trente femmes ont été nommées au parlement en 2013. En septembre 2011, le droit de vote est accordé aux femmes. En juin 2018, les femmes sont autorisées à passer le permis de conduire, puis en 2019, elles peuvent voyager seul à l’étranger.

Un pays déjà engagé en F1 depuis longtemps

Avec ces quelques réformes, Liberty Media a estimé qu’il fallait inclure ce pays plutôt que de le rejeter. Avec une grande couverture médiatique et We Race As One, cela ne pourrait qu’encourager le pays à aller plus loin. Ils n’ont pas totalement tord, sinon la F1 ne courrait pas en Chine, Turquie, Brésil, Azerbaïdjan, ni même au Texas après que cet État est voté la quasi-interdiction de l’avortement.

Les détracteurs déclarent que l’argent est l’unique motivation. Ils n’ont pas entièrement tort non plus. Aramco la principale société pétrolière du pays est l’un des sponsors titre de la Formule 1. Ce pays a également un long passé avec la Formule 1. Ainsi, dès la fin des années 70, l’équipe Williams est sponsorisée par Fly Saudia une compagnie aérienne saoudienne. Mais également par TAG une société appartenant au franco-saoudien Mansour Ojeih. Ce dernier paiera les moteurs Porsche de Mclaren de 1983 à 1987. Mansour Ojeih est également actionnaire de l’équipe Mclaren à hauteur de 25 %.

Williams Grand Prix, crédit : wikipedia
Mclaren TAG, crédit : wikipedia

La Formule 1 courra donc à Djeddah, espérons que certains pilotes afficheront des messages de solidarité comme ils l’ont fait au Qatar.

Sur le plan sportif, ce Grand Prix sera peut-être décisif pour décerner le titre mondial entre Max Verstappen et Lewis Hamilton, mais également entre Mercedes et Red Bull Honda.

Rappelons aussi Aseel Al-Hamad, une cheffe d’entreprise et pilote saoudienne, avait piloté une Lotus E20 de 2012 à moteur Renault lors du Grand Prix de France 2018. Rejoignant les rares femmes à avoir piloté une F1 et surtout la première Saoudienne.

Espérons une belle course, mais n’oublions pas non plus les droits de l’homme. Les Minardistes ne boycottera pas le Grand Prix, mais soutiendra toutes les initiatives qui pourraient permettre de faire bouger les choses.

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