Minardi, une histoire de pneus

Le choix du manufacturier de pneumatiques peu se révéler très important pour une équipe de Formule 1. Mais pour un particulier également grâce à TestPneus.fr choisir ses pneus n’a jamais été aussi simple. Actuellement, la discipline est fournie par un manufacturier unique, Pirelli. Neuf fournisseurs se sont affrontés, où ont été engagés en F1 depuis 1946 ou en Grand Prix avant Guerre. Les plus célèbres et engagés en F1 ont été Goodyear, Bridgestone, Firestone, Dunlop ou encore le Français Michelin. Les gommes italiennes Pirelli équipent depuis 2011 l’ensemble des écuries de Formule 1, y compris les European-Minardi bi-place du programme F1 Experiences.

C’est lesAméricains de chez Goodyear qui détiennent le record de victoires dans le championnat du monde avec 368 victoires en 1964 et 1998 (années de présences des gommes US). Depuis 2006, la compétition ne fait appel qu’à un seul fournisseur après un appel d’offres afin de réduire les coûts et éviter une guerre des pneus. Les puristes s’en désolent parfois en arguant qu’une équipe devrait pouvoir, tout comme le moteur, se fournir en gomme ou elle le souhaite.

Minardi et ses pneus en F1

Minardi a couru son premier Grand Prix de Formule 1, hors-championnat, en 1976 avec une Ferrari 312 T et Giancarlo Martini au volant. Engagés sous le nom de Scuderia Everest, nom du commanditaire principal, la petite équipe transalpine participe d’abord XI Race of Champions 1976 remportés par James Hunt sur Mclaren-Ford. La Ferrari privée engagé par Giancarlo Minardi ne prend pas le départ de la course suite à un accident lors des essais.

La petite équipe italienne fera une nouvelle apparition (toujours hors-championnat) la même année lors du BRDC International Trophy. Ce sera la seule Ferrari engagée pour cette course, le cheval cabré ne faisant pas le déplacement officiellement pour cette course. Giancarlo Martini et la Scuderia Everest termineront 10e à 1 tour du vainqueur James Hunt (Mclaren-Ford).

La première aventure de Minardi en Grand Prix, c’est effectué avec une Ferrari 312 T chaussée, comme l’écurie usine, en pneus Goodyear.

Il faut attendre 1984 pour voir Minardi goûter une nouvelle fois à la Formule 1 (l’équipe évoluant jusqu’à la fin 84 en Formule 2) avec une voiture de sa propre conception. La M184, une voiture qui ne sera pas engagée en championnat et servira de voiture laboratoire avant le grand saut prévu en 1985. Propulsée par un moteur Turbocompressé Alfa-Roméo, la voiture est équipée des gommes tout aussi made in Italie : Pirelli. Une marque qui accompagnera les débuts officiels de la marque en 85 et 86 en F1 sans toutefois bénéficier des gommes premium (pneus de qualifications) pour les essais réservés aux écuries de pointe du manufacturier.

Minardi reviendra ensuite pour deux saisons chez Goodyear, puis retrouvera ses compatriotes de chez Pirelli en 89 et 90. Pirelli se retire fin 90 laissant Goodyear seul à équiper l’ensemble du plateau jusqu’en 1997 avec le retour en course du Japonais Bridgestone aperçu dans les années 60. Minardi, qui a été rachetée par le trio Briatore-Nannini-Rumi, signe avec les pneus nippons afin de compléter ses liens avec le pays du soleil levant. Le sponsor principal étant Mild Seven* une marque de cigarette japonaise qui a également placé un pilote qu’elle soutient, Ukyo Katayama. L’écurie de Faenza, après avoir été rachetée par Gabriele Rumi et son groupe Fondmetal pour 98, reste chaussée en Bridgestone tout comme le reste des équipes suite au départ de Goodyear.

Il faut attendre la saison 2001 pour voir l’arrivée d’un adversaire à Bridgestone. C’est l’équipementier de Clermont-Ferrand, Michelin, qui fait son retour en F1. La marque était arrivée en F1 avec Renault en 1977 avant de quitter le championnat après la saison 84. Minardi, qui durant l’inter-saison 200-2001 a faillis disparaître, signe avec Michelin après son rachat par Paul Stoddart et son entreprise European Aviation.

La PS01 en 2001 propulsée par un antique V10 Ford de 98 entretenu par LP Engines et badgé European est donc portée sur les circuit par les pneus Michelin. Une collaboration qui se poursuit en 2002, Minardi n’ayant changé que de motoriste pour passer du European-Ford totalement dépassé au V10 Asiatech. Mark Webber, l’un des pilotes Minardi en 2002, décrochera une 5e place synonyme de victoire pour l’équipe de Faenza lors du Grand Prix d’Australie qui démarre cette saison. Un Grand Prix où seule la victoire échappe à Michelin, cette dernière revenant à Bridgestone.

Fin 2002 la collaboration entre Minardi et Michelin s’arrête, Paul Stoddart trouvant que le prix de pneus est trop élevé pour sa petite équipe à tenté de renégocier le contrat. Un non-catégorique de la part de Michelin. Minardi se tourne alors vers Bridgestone qui refuse à son tour de fournir la petite équipe italienne. Une situation ubuesque qui conduit l’équipe à effectuer une partie de ses essais hivernaux avec des pneus Avon issus de la F 3000. À noter, que les Britanniques de chez Avon qui équipe alors la F 3000 ont effectués quelques apparitions en Grand Prix entre 1954 et 1982, 29 courses au total pour 8 points d’inscrit c’est le petit poucet des manufacturier de pneus en F1. La PS03-Ford pilotée par Jos Verstappen à Valence en 2003, lieu des essais privés officiel d’inter-saison, sont à ce jour la dernière apparition (non-officiel) d’Avon en Formule 1.

Sous la pression des instances dirigeantes de la F1, Bridgestone signe un contrat avec Minardi. Les Japonais équipant moins d’écurie que Michelin. L’équipe de Giancarlo Minardi restera sous contrat avec Bridgestone jusqu’à son retrait et vente fin 2005. C’est lors de son ultime saison en 2005 que Minardi réédite un de ses meilleurs résultats en terminant la course à Indianapolis en 5e et 6e position. Hélas une course courue seulement par les six voitures chaussées en Bridgestone. Suite à des ennuis en essais, plusieurs accidents impliquant leurs produits, Michelin demande à ses clients de ne pas courir le Grand Prix. Ainsi, à l’issue du tour de formation, les 14 voitures équipées en Michelin rentrent aux stands et abandonnent laissant sur la grille de départ que les deux Ferrari, les Jordan et les Minardi.

Un seul fournisseur de pneus en F1 depuis 2007

Cet épisode incitera les instances de la FIA et de FOA (Formula One Administration) a installer le manufacturier unique à partir de 2007 en arguant que la compétition entre plusieurs fournisseurs peu entraînée des dangers comme aperçu à Indianapolis 2005. Michelin se retirera d’ailleurs après la saison 2006, un an après la disparition de Minardi et l’apparition de Toro Rosso. La marque française ne participera pas à l’appel d’offres, ni aux suivants, arguant qu’elle souhaite affronter ses concurrents sur la piste et non pas par « championnats interposé ». Michelin est engagé en Endurance WEC contre Dunlop, mais est aussi le manufacturier unique en Formule E. Ils ont fourni le Trophée Andros, des courses sur la neige qui depuis sont équipé par Yokohama afin de développer le pneu hiver Michelin Pilot Alpin PA4, remporté plusieurs fois le Dakar. Michelin a également gagné sur deux-roues en Moto GP et Superbike entre autre.

Depuis 2007, la Formule 1 n’a connu que deux manufacturiers qui se sont relayés pour équiper le plateau. Bridgestone de 2007 à 2011, puis Pirelli, qui remporte l’appel d’offres contre Avon notamment et Hankook, jusqu’à aujourd’hui.

En 383 week-ends de Grand Prix (plus deux courses hors-championnat), Minardi aura été équipée par Pirelli, Goodyear, Michelin et Bridgestone.

Pirelli : 348 GP, 189 victoires
Goodyear : 493 GP, 368 victoires
Michelin : 215 GP, 102 victoires
Bridgestone : 244 GP, 175 victoires
(Avon : 29 GP, 0 victoire)

Continental (13 GP et 10 victoires), Dunlop (174 GP, 83 victoires), Englebert (66 GP, 12 victoires) et Firestone (121 GP, 49 victoires**) ont également été engagés en Formule 1 depuis 1946.

* Fumer nuit gravement à la santé.
** Sont comptés les victoires à l’Indy 500 qui compte pour le Championnat du Monde Formule 1 de 1950 à 1960.

A propos de Camille Oger 64 Articles
Fan de F1 depuis ma plus tendre enfance, je découvre la Scuderia Minardi en 1997, une rencontre qui se transforme en histoire d’amour. De cet amour naît le site les minardistes portail francophone officiel Minardi en 2004. Blogueur à mes heures perdues, pilote karting, et auteur du livre Formula Uno, dans l’ombre de Ferrari.

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