L’arnaqueur arnaqué

Né à Ixelles (Belgique) le 3 février 1961, Marc Guiot intègre la brigade financière de la police judiciaire de Bruxelles dans les années 80. Côtoyant faussaires et fraudeurs, les tentations sont trop nombreuses pour Guiot qui commet escroqueries et autres malversations ce qui lui vaut un procès duquel il s’en tire avec une suspension de peine, ce qui l’oblige tout de même à quitté la PJ.

Début de la décennie 90, il devient clerc de notaire ce qui lui permet de parfaire sa connaissance des sciences juridiques pour devenir huissier de justice. En 2000 il fonde son étude d’huissier qui compte 35 collaborateurs et dont la liste de clients comprend le parquet de Bruxelles, le ministère des finances (qui le charge de traquer les mauvais payeurs) et certains hôpitaux (pour lesquels il récupère des créances).

Or en tant que huissier de justice, Guiot ne peux exercer la moindre fonction commerciale dans le privé. Qu’à cela ne tienne, il trouve des hommes de paille pour ouvrir deux concessionnaires Citroën en région carolorégienne, SA Châtelet Services et SPRL Lobbes Auto Services (sa femme de l’époque sert de prête-nom). Une société immobilière, SA MG Properties complète le lot.

Début 2004, il devient manager de son compatriote Bas Leinders qui est en liste pour devenir pilote d’essais de l’équipe de F1 Jordan. Pour parvenir à cette fin, Guiot est prêt à investir 2 millions d’euros ce qui fait sourciller l’organisme réglementaire qui se demande comment un huissier peux soutenir le pilote a cette hauteur. Ayant vu un pilote avec des poches plus profondes lui ravir le baquet Jordan, Leinders ne peux que se tourné vers Minardi avec qui il signe le 16 Février, un contrat de pilote de réserve qui lui permet également de participé aux séances d’essais libres du vendredi. Les commanditaires du belge étant inexistant, Guiot pique dans la caisse de son étude de huissier pour effectuer les paiements à l’équipe (en entrevue le 3 mars il affirme que le premier versement a été fait grâce à l’appui d’un sponsor d’origine russe sans le nommé). Début Juillet, il affirme qu’un accord tacite a été conclu entre lui, le nouveau sponsor de Bas, GoldenPalace.com et Paul Stoddart pour la titularisation du belge pour son grand prix national (29 Août). Sur cette base, qui ne concrétisera pas, il achète avec l’argent de ses clients, 180 billets dans le village VIP du GP à 1400 euros pièce (soit un total de 252 000 €). Peux avant le GP de Hongrie (15 Août), il quitte ses fonctions de manager de Bas, remplacé par Rick Gorne, qu’il à recommandé.

Comme si ces détournements n’étaient pas assez, en Septembre 2004, Guiot se fait escroquer par des congolais qui souhaitent acheter Minardi. Se déplaçant en voitures munis de plaque diplomatique et protéger par des gardes du corps, les trois hommes ont réussi à mettre le huissier en confiance. Plusieurs rencontre ont eux lieux (qui auraient toutes été fixé via l’ambassade), auxquelles un responsable de Minardi auraient assistés (selon les dires de Guiot). C’est lorsque la question de l’argent fut abordé que les congolais ont piégé le huissier. Ils ont présenté plein de billets de 500 euros qui étaient sécurisé (numéro de série caché) afin que personne ne puisse les utiliser. Pour enlever cette protection, il fallait faire appel à un laboratoire spécialisé qui coûte très cher et Guiot est invité à participer aux frais. Persuadé que l’argent est véridique, il avance un million d’euros pour faire laver 50 millions de faux billets de 500€. Comprenant qu’il s’est fait avoir, Marc retrouve un des arnaqueurs qu’il séquestre avec l’un de ses adjoint, espérant retrouver sa mise. En vain, il remettra ce dernier aux autorités qui ouvriront une enquête. Pour cette expédition musclée, Guiot écopera en 2008 d’une peine de travail par le tribunal correctionnel de Charleroi, sanction qui sera portée à deux ans avec sursis par la cour d’appel de Mons en Août 2012.

Interroger sur la provenance du million par le parquet de Bruxelles, Guiot cherches à renflouer ses caisses et pour ce faire il vend des propriétés immobilières que sa firme MG Properties est chargé de gérer ou de céder à l’insu des propriétaires, ce qui entraînera la faillite de la société en décembre 2007 (jugement du tribunal de commerce de Nivelle). Face au mur, il est prêt a toutes les folies, allant même jusqu’à émettre de faux dinars de l’état du Bahreïn. En trois mois d’enquête, les autorités mirent au jour une série incalculable de magouilles financières du huissier qui fut inculpé le 24 Mars 2005 de détournement par officier public et d’abus de biens sociaux tout en voyant son étude être placée sous administration provisoire et une demande de suspension de ses activités d’huissier pour une durée d’un an être déposé au tribunal des référés. C’es le 15 avril que la procureure Bérangère Hergeman présenta son réquisitoire devant la présidente Aurélie Magerman. Défendu par Mes Alain Vergauwen et Alain Guilmot, Guiot vit la suspension demandée par le parquet être débouter le 10 Mai, le tribunal des référés considérant que la voie disciplinaire devait passer par le tribunal correctionnel.

Utilisant tout les recours à sa disposition afin de retarder son procès, Guiot dont les deux concessionnaires ont fait faillites, épuise 4 avocats avant que son procès ne débute le 8 novembre 2012 devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Se montant à 101, les accusations sont relative à des détournements massifs aux préjudices de ses sociétés mais également de tentative de corruption vis-à-vis d’un fonctionnaire du ministère des finances, d’émission de faux dinars du Bahreïn, de faux documents comptables, de fausses factures, de falsification de ses comptabilités, de blanchiment et de fraude fiscale. Le montant global dont ses victimes de disent préjudiciées est de plus de 7 millions d’euros.

Sans le sou (il paya les honoraires de son dernier avocat en lui cédant l’une de ses villas) Me Guiot plaida lui-même sa cause le 21 Novembre. Ne contestant que quelques une des accusations il sera condamné le 11 janvier 2013 à 2 ans de prison ferme (la requête du procureur Tilliet, compte tenu de l’ancienneté des faits) ainsi qu’à remboursé la somme de 7 millions d’euros à ses victimes. Seule consolation, il sera acquitté de la prévention de corruption vis-à-vis de son contrôleur fiscal.

Faisant appel de la sentence, Guiot n’effectue aucun séjour en prison alors que de son coté le procureur général Patrick Carolus lui aussi insatisfait de la sentence, pourtant demandé par le parquet fait également appel, requérant 5 ans secs. Celui-ci sera entendu le 28 Janvier 2014 devant la cour d’appel de Bruxelles, procès auquel Guiot fera défaut. Radié de son dernier domicile connu le 17 janvier, Guiot s’est évadé dans la nature, ce qui n’empêchera pas la cour d’appel de Bruxelles le 25 Mars d’aggravé la peine à 4 ans de prison ferme pour le huissier qui est maintenant sous le coup d’un mandat d’arrêt.

Jugement de la cour d’appel de Bruxelles (25 Mars 2014) : «La peine d’emprisonnement prononcée par le premier juge est légale mais pas assez sévère pour sanctionner le comportement délictueux du prévenu qui, non content d’assouvir une passion au détriment d’une clientèle qui s’en remet à un homme de loi, a organisé ses activités pour que son patrimoine devienne insaisissable et que les parties préjudiciées soient peu, voire pas indemnisées. Portant le titre d’huissier de justice au moment des faits et ayant commis les infractions dans le cadre de ses activités professionnelles, il porte gravement atteinte dans la confiance légitime que doit nourrir tout citoyen dans les personnes revêtues de cette fonction. Le préjudice est grave, tant sur le plan humain que sur le plan matériel, puisqu’il se chiffre en millions d’euros.»

Caché à Dubaï (Émirats Arabes Unis), il est arrêté en région liégeoise ou réside sa nouvelle compagne fin août 2014. Le 10 Septembre, il comparaît devant la cour d’appel de Bruxelles et réclame d’être rejugé en sa présence tout en précisant qu’il ne conteste pas les charges ni les montant mais qu’il souhaite simplement une diminution de peine.

Lors du nouveau procès tenu le 23 octobre, l’avocat de la défense Me Alain Vergauwen insista sur le fait que ‘’Guiot n’a pas volé avec une intention méchante. S’est sa mégalomanie qui a ruiné sa carrière. Il n’a jamais rien voulu d’autre qu’entreprendre, que réaliser des rêves qui l’ont aveuglé. Dans son esprit, il aurait emprunté plutôt que voler’’. De son côté le procureur général requiert une peine de prison mais ne s’oppose pas à un sursis partiel.

Le 28 Novembre 2014, la cour d’appel de Bruxelles rend son jugement. Marc Guiot est condamné à 3 ans de prison avec sursis pour ce qui excède la durée de la détention préventive déjà purgée. Les seules vraies sanctions étant la confiscation de 2.5 millions d’euros sur tout ce qu’il possède ou possédera ainsi qu’une interdiction de toute activité commerciale.

*NOTE : En aucun moment Bas Leinders ne fut au courant ou complice ce ces escroqueries.

 

SOURCE: dhnet.be (1) (2) (3) (4) (5), lavenir.net (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) (12), motorsport-total.com, nieuwsblad.be

8 Comments

Poster un Commentaire