Grand Prix de France 1995 sous le sceau de la justice

Jeudi 29 juin 1995, un huissier accompagné de gendarmes appose des scellés sur les équipements de l’écurie Minardi dans les garages du GP de France. Essayons de comprendre comment on en est arrivé la.

Le tout commence lors du grand prix d’Italie en septembre 1992, Giancarlo Minardi participe a une réunion avec Flavio Briatore et Dick Scammell (Cosworth) ayant pour sujet la fourniture de 15 blocs moteurs V8 Ford HB (utilisés dans les sports prototypes Jaguar de l’équipe Tom Walkinshaw Racing en 1991) pour les saisons 1993 & 94. À la conclusion de celle-ci, un contrat d’une valeur $4.95 millions (1993: $2.4 & 1994: $2.55) est signé entre Minardi et Grand Grix Engineering & Sponsorship, une compagnie basée à Dublin (Irlande), détenue par une holding à Gibraltar et administré par des avocats helvétiques. Parmi ces actionnaires, on retrouve Flavio Briatore et Tom Walkinshaw. Lors de cette même rencontre, un deuxième contrat fut signé, cette fois entre Minardi et Cosworth concernant la révision des moteurs en cours de saison. Une clause de ce contrat permet à Cosworth de sous-traiter cette tâche à TWR.

Suite à la saison 1993, l’écurie Minardi fusionna avec la BMS Scuderia Italia et chercha a avoir une fourniture moteur (V8 Ford HB) directement de Cosworth, ce qui arriva. Face a cet accord, Flavio Briatore accepta de mettre un terme au contrat liant GPSE & Minardi pour 1994 mais exigea que lui soit payer en totalité le montant pour 1993 (a ce moment, Minardi devait encore $1.05 millions). Un des administrateurs de Grand Grix Engineering & Sponsorship envoya un document à l’écurie Minardi signalent la fin du contrat liant les deux sociétés et spécifiant les délais de paiements. Le tout se déroula très bien jusqu’au jour ou la guerre fut déclaré entre Giancarlo Minardi & Flavio Briatore.

Au cours du printemps 1994, Flavio Briatore (directeur de l’écurie Benetton) acheta l’écurie française Ligier et y installa sont ami Tom Walkinshaw comme directeur. La raison de cet achat est simple, Briatore veux les moteurs Renault des Ligier dans les Benetton pour la saison 1995, mais ce faisant, Ligier se retrouve sans moteur pour la saison à venir. Briatore se met donc en quête d’un moteur pour son écurie.

Au même moment, Giancarlo Minardi se met lui aussi à la recherche d’un bloc moteur afin de remplacer le Ford V8. Ces ainsi qu’il commença a discuté avec des représentants de la compagnie Mugen-Honda. Les négociations se déroulèrent très bien et face à l’évolution de celles-ci Giancarlo Minardi donna sont feu vert pour le début de la conception de la M195 – Mugen-Honda V10.

Alors qu’il discute déjà avec l’écurie Minardi, Mugen-Honda se fait approché par Flavio Briatore afin de fournir Ligier en 1995 (il est à noter que vue sa taille, Mugen, n’était pas en mesure de fournir deux écuries en même temps). Intéressé par la proposition de Briatore, les nippons hésitent, ils savent que ce changement de cap pourrait se retourner contre eux. D’ailleurs en novembre, Flavio téléphone à Giancarlo et lui offre $1.5 millions afin qu’il annule son accord avec Mugen. Cette offre sera refusée, ce qui amena Flavio à fournir un engagement écrit a Mugen dans lequel il s’engage à régler toutes réclamations faites par Minardi contre eux. Ceci permit de finaliser l’accord entre Ligier & Mugen-Honda.

L’annonce à la fin du mois de novembre 94 du partenariat Ligier – Mugen-Honda pour la saison 1995 donna un dur coup aux troupes de Faenza. Alors que la M195 avait été conçu autour du bloc nippon et que certaines pièces avaient déjà commencé à être construites, tout du être arrêté. Aldo Costa du retourné a sa planche a dessin afin de redessiner la M195 autour d’un nouveau bloc moteur (il s’agira du Ford ED V8). Furieux contre le sale coup de Briatore, Giancarlo Minardi ordonna la cessassions des paiements à GPES (405 000 avait été payé sur les 1.05 millions dû) et intenta une action en justice contre Flavio en Italie et en Angleterre afin d’avoir un dédommagement.

En janvier 95, Minardi intenta une action en Italie contre Mugen Co Ltd & Ligier Sport SA pour bris de contrat. La première audience a eu lieu à Ravenna le vendredi 28 avril. Suite à l’audition du 28 avril, deux autres eurent lieux (5 mai & ???). Le vendredi 26 mai, le jugement tomba « la relation Minardi – Mugen avait atteint un point d’accord mutuel de sorte qu’il était légitime de s’attendre à ce que le contrat aurait été conclut ». Bien qu’il s’agisse d’une victoire, l’écurie Minardi ne se verra pas verser de dédommagement monétaire (elle demandait $10 millions). Cette décision sera portée en appel.

Dans une contre-attaque contre l’action en justice de Minardi, Flavio Briatore (qui avait promis a Mugen de régler toutes poursuites faites a leur égard) a décidé d’utiliser les comptes en souffrance de l’écurie Minardi envers sa société GPES a sont avantage. Deux mois avant le Grand Prix de France, GPES a commencé une action en Angleterre contre Minardi afin de se faire payer. Cette cause sera entendue le 17 juillet.
Une deuxième action a aussi été intentée par GPES, cette fois-ci en France réclamant le paiement de £2.1 millions (montant pour la fourniture moteur en 1994, pourtant annulé). Ces ainsi qu’en début d’après-midi le 29 juin un huissier accompagné par des gendarmes se présenta dans les garages de l’écurie Minardi au circuit de Magny-Cours. Maître Lamotte apposa des scellés ‘fuchsia’ sur tous les équipements de l’équipe. Accompagnant le scellé, une note : défense de bouger, peine de prison de trois ans.

Lors de la journée du vendredi 30 juin, les voitures Minardi restèrent dans les garages. L’action se déroula au tribunal de la Chambre de Commerce de Nevers ou après avoir entendu les exposés des deux camps (lors d’une procédure d’urgence) un juge autorisa la levée temporaire de la saisie des équipements ce qui permettra a Minardi de participer au Grand Prix de France, mais immédiatement après la course, elle verra ses équipements remis sous scellé. Le lundi 3 juillet, une nouvelle audience aura lieu afin de voir plus en profondeur la cause.

Grand manitou de la F1, Bernie Ecclestone organisa une réunion dans sont motor-home le samedi 1er juillet à midi afin de trouver une solution a ce conflit. Malgré sont grand pouvoir de persuasion, aucun accord ne fut trouvé.

Suite au GP de France, tous les scellés furent remis sur les équipements de l’équipe mais ceux-ci purent être enlevés dès le lendemain (3 juillet) alors que le tribunal de commerce de Nevers a levé la saisie. Lors de cette audience, l’avocat de GPES mentionna que l’action intentée serait abandonnée si Minardi mettait un terme à toutes ses poursuites contre Flavio Briatore. Refusant cette proposition, Giancarlo Minardi dit au juge qu’il était prêt a payer la balance de $645 000 pour l’année 1993 mais que la somme pour l’année 1994 ne s’appliquait pas, puisque les moteurs ne furent jamais livré et qu’un accord mettant fin au contrat avait été trouvé.

Alors que l’histoire allait de rebondissements en rebondissement, une surprise arriva le 10 juillet alors qu’un accord fut trouvé entre Giancarlo Minardi, Flavio Briatore & Mugen-Honda. Bien que les termes de l’accord soient confidentiels, certaines rumeurs mentionnent que Flavio a payé un dédommagement de $1 million à Minardi en plus d’oublier la dette de $645 000 que ce dernier lui devait.

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