Esteban Tuero débute sa carrière en 1985 à l’âge de 7 ans en participant à différents championnat de karting dans son argentine natale. En 93 il fait ses débuts en monoplace dans le championnat argentin de Formule Renault puis gradue en Formule Honda l’année suivante, remportant le championnat. Fort de ses résultats, il participe également à quelques manches de F3 sud-américaine.

Gérant d’Esteban, Eduardo Ramirez sait que pour que la carrière de son poulain décolle, il doit faire ses preuves en Europe. Au volant d’une Dallara 392 de l’équipe RC Motorsport, Tuero remporte le championnat 95 de Formule 2000 italienne en plus d’effectuer des débuts modestes en F3 italienne. Ce titre ainsi que ses importants partenaires ne tardèrent pas d’attirer l’œil de Giancarlo Minardi qui fait signé le 28 novembre 95 un contrat ‘F1’ de 5 ans au pilote de 17 ans.

Malgré ce contrat, les portes de la F1 sont encore loin d’être ouvertes pour l’argentin qui poursuit son apprentissage en F3 italienne cette fois avec l’équipe Coloni. Lors de la première épreuve il termine 4e puis remporte la seconde sur le circuit de Magione avant de se voir disqualifié à cause d’une essence non-conforme. Pour la manche hors-championnat à Monaco, Tuero se qualifie 2e et se bat avec le meneur Jarno Trulli qu’il dépasse au 17e tour. Attaqué par Marcel Tiemann, l’argentin fini par se faire dépasser et abandonne à cause d’une batterie à plat.

Ayant montré son potentiel en F3 selon son équipe de gérance, celle-ci décide de lui faire faire le saut en F3000 Internationale à la mi-saison avec l’équipe Draco. En 6 participations, Esteban termine 4 épreuves et abandonne à deux reprises suite à des accidents. Avec un top 10 à Magny-Cours comme meilleur résultat, l’argentin n’est pas classé dans le championnat mais en F3, les 16 points qu’il a engendré avant son départ lui permettent de se classé 13e.

Le 28 octobre 96 sur le circuit de Misano, il effectue son premier test F1 (à 18 ans 6 mois et 6 jours il est à l’époque, le plus jeune pilote à conduire une F1) aux côtés du champion de F3 italienne Andrea Boldrini et du meilleur pilote recrue Joao Barbosa. En 31 tours au volant de la M195B-Ford, Esteban inscrit le meilleur temps, 1m17.060, soit 1/100 plus vite que le meilleur temps inscrit sur ce circuit par Tarso Marques en mars (1m17.070).

Ses résultats 96 n’ayant pas impressionné les équipes de F3000 internationale, Tuero se tourne vers la Formule Nippon au Japon pour la saison 97. Au volant d’une Reynard 97D de l’équipe Le Mans, il inscrit 1 point en terminant 6e lors de l’épreuve à Fuji ce qui le classe 16e du championnat. Pilote d’essais officiel de Minardi, il effectue son premier essai avec la M197-Hart au Mugello le 10 septembre suivi d’un autre à Barcelone le 3 décembre.

Malgré son manque de résultats en formule de promotion, l’équipe Minardi annonce le 23 décembre 97, la titularisation de l’argentin pour la saison 98 sans que ce dernier ne soit en possession de la super-licence requise pour courir en F1. Pour l’obtenir, Esteban devra couvrir une distance de 2000 km en essais pré-saison dont 300 en deux jours consécutif mais alors que son programme d’essais doit débuter le 9 janvier (jusqu’au 11) sur le circuit du Mugello, Minardi se voit refuser l’accès par son propriétaire Ferrari qui se venge du recrutement de Gustav Brunner par l’équipe de Faenza.

Ayant accumuler les 2000 km d’essais, Esteban se voit émettre une super-licence lui permettant de prendre part au grand prix d’Australie, faisant de lui, le 3e plus jeune pilote (19 ans et 320 jours) à courir en F1 (à l’époque). Si plusieurs expert ont émis des doutes sur sa présence, le pilote leur démontre qu’il a se qu’il faut en se qualifiant 17e sur 22 partant, devançant outre son coéquipier Shinji Nakano, Jan Magnussen, Ricardo Rosset, Pedro Diniz et Olivier Panis. 12e du warm-up, Tuero vole le départ et se voit pénaliser d’un stop & go qu’il effectue au 12e tour ce qui entraîne une autre pénalité de stop & go, cette fois pour vitesse excessive dans la ligne des puits (a sa défense, le limiteur de sa M198 n’a pas fonctionner), il abandonne au 22e sur bris de moteur.

Après deux abandons en Amérique du sud dont une sortie de piste dont il est seul coupable devant son public, Esteban inscrit son meilleur résultat en terminant 8e au gp de San Marino à deux tour du meneur mais devant l’expérimenté Mika Salo qui mettait la pression sur la recrue.

15e en Espagne, les 5 manches suivantes se solderont par des abandons dont 3 sur erreur du pilote. 16e en Allemagne il verra également l’arrivé en Italie (11e) et au Luxembourg bien que non classé car à 11 tours du meneur. Lors de la dernière manche au Japon, Esteban est derrière le héros local Toranosuke Takagi à l’approche du Casio Triangle au 29e tour. Appuyant accidentellement sur l’accélérateur au lieu du frein, la M198 de Tuero décolle sur l’arrière de la Tyrrell et atterrit violemment sur le sol ce qui entraîne des lésions à la 3e, 4e, et 5e vertèbre cervicale de l’argentin qui se fait interdire de participer aux essais prévu en décembre.

En vacance  à Miramar en Argentine, Esteban se questionne sur son futur puis informe son gérant de sa décision d’arrêter l’aventure F1. Informé par Ramirez, Giancarlo Minardi propose à Tuero de prendre une autre semaine de vacance afin de bien réfléchir. Croyant que ce temps de réflexion à porter fruit, Ramirez s’envole vers Faenza en compagnie de son poulain le 12 janvier pour la reconduction du contrat. Le 13, Ramirez est dans une salle de réunion de l’usine en compagnie de Giancarlo Minardi et Cesare Fiorio (directeur sportif) lorsque Tuero fait irruption et annonce qu’il met un terme à sa carrière en F1 et qu’il retourne dans son pays à la grande stupéfaction de ceux présents qui ne s’étaient pas rendu compte qu’un taxi attendait le pilote à l’extérieur..

Si Esteban à fait annoncé sa décision à l’équipe le 13 janvier, ce n’est que le 21 que celle-ci à publié un communiqué de presse, Eduardo Ramirez ayant demandé ce délai afin de trouver une solution aux contrats de commandites que son pilotes a déjà signé.

Sous contrat avec Minardi jusqu’au 31 décembre 2000, Esteban obtient l’accord de son ancien employeur afin de participer au championnat de tourisme argentin TC 2000. Le 26 Janvier, Esteban participe à une conférence de presse à Buenos Aires pour annoncer qu’il joindra l’équipe officiel Volkswagen dirigé par Guillermo Maldonado. Évidemment les journalistes présents n’avaient qu’une question « pour qu’elles raisons avez-vous quitté la F1? » ce à quoi le pilote répondit « Pour des raisons personnelles. Vous pouvez me poser la question 60 fois, je vous répondrai la même chose ».

Si beaucoup on spéculer : non remis de ses blessures (le fait qu’il ait signé pour courir en Argentine montre le contraire), problème de sponsors (des ententes avec Bridgestone Argentina, Lua Seguros, Husqvarna, Musashi et Telecom Argentina avaient été conclu à la mi-octobre.), traitement dans les médias argentins (il est vrai que certains se sont moqué de lui mais la plupart ont été assez juste dans leur analyse), la vérité se situe plus au niveau de la solitude et de l’isolement. À l’époque il vivait seul en Italie, le contact avec ses proches était difficile, alors lorsqu’il vit qu’il pouvait recevoir un salaire plus que décent dans son pays tout en étant entouré des sa famille et amis, il préféra cette option.

En 2008 il fait un retour sur la scène mondiale en participant au championnat FIA GT, inscrivant 7 points au volant d’une Ferrari F550. Après 18 ans dans les divers championnats de tourisme argentin, Esteban annonce sa retraite définitive comme coureur automobile en décembre 2016.

Annonce de retraire en décembre 2016

Il est à 20 ans 8 mois et 22 jours le plus jeune pilote F1 à avoir pris sa retraite.

 

SOURCE : A Todo Motor, atlasf1.com, automundo.com.ar, clarin.com, crash.net, driverdb.com, f1rejects.com, Forza Minardi by Simon Vigar, forzaminardi.com, funo.com, Gian Carlo Minardi racconta 35 anni di gare : dalla Formula Italia alla Formula 1 by Stefano Pasini, lanacion.com.ar, motorsport.com, twitter.com/@tueroesteban

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